dimanche 12 juillet 2009

JE JEUNE

Un projet "culture de mode", Institut Français de la Mode


Dans sa thèse intitulée Le Beau sexe faible : les images du corps féminin entre cosmétiques et santé, Bruno Remaury souligne à quel point la femme, dans notre société actuelle, est victime d’ un véritable « terrorisme du corps ». En effet, si l’image de la femme a toujours été intimement liée à la beauté, celle-ci est aujourd’hui indissociable de la notion de souffrance. Plus que jamais, il faut souffrir pour être belle. Une souffrance tant physique que morale. Physique car le corps, bien que libéré des corsets et autres objets de torture, reste contraint. La femme doit contraindre son corps à être le plus proche possible de stéréotypes, véhiculés en masse par les médias. Morale parce que désormais, la femme est responsable de sa beauté. Si elle n’est pas belle, elle est coupable, au regard de toutes les technologies qui lui sont proposées et qui se sont fortement démocratisées ces dix dernières années. Par ailleurs, elle évolue dans une société où le « souci de soi » est permanent. Elle se regarde, s’observe, et ne s’aime pas, pensant inconditionnellement qu’elle pourrait être mieux, si elle s’efforçait de s’autocontrôler davantage. Voilà le drame de la condition féminine à l’aube du XXIe siècle. Un drame d’autant plus violent qu’il se double d’un culte de la jeunesse dont la société, dans son ensemble, se fait l’apologiste. Jeune dans son corps, jeune dans sa tête, sinon rien. Et si l’homme vieillissant conserve son sex appeal avec ses cheveux grisonnants et son visage buriné, la femme, quant à elle, a le devoir de rester jeune pour rester belle. Quand Mick Jagger peut monter sur scène avec ses rides et son corps marqué, Madonna se doit de torturer le sien, des heures durant, pour espérer conserver son statut de « star ». Il ne suffit pas à la femme d’être jeune dans sa tête. Elle se doit également d’engager son corps dans cette quête de l’éternité. Elle se surprend à nier la vieillesse. Elle la refuse, la rejette. « Je jeune » pourrait-elle dire.
Certes, ce n’est pas nouveau. La littérature nous le rappelle. C’est la méchante Reine de Blanche Neige qui cherche à tuer sa belle fille, ne supportant pas que la beauté juvénile de cette dernière supplante sa beauté déclinante. C’est aussi Dorian Gray et son désir de beauté éternelle ou encore Léa, courtisane célébrée par Colette, qui cherche un peu de jeunesse, dans les bras d’un amant de 20 ans son cadet : Chéri. Oui, ces personnages souffrent. Mais c’est une souffrance différente. Au fond, ils ne souffrent pas de leur corps vieillissant et de l’image que celui peut renvoyer. La Reine souffre de jalousie, Dorian souffre de s’être asservi à son tableau et Léa souffre d’amour. Et quand bien même, à un temps donné, ils souffrent de la fuite du temps, les remèdes invoqués restent inoffensifs (nous entendons pour le corps en lui même) puisqu’ils relèvent de la magie ou de l’amour.
Or aujourd’hui, il faut lisser, tirer, couper, meurtrir la moindre parcelle qui tenterait de céder à l’oisiveté d’une terre en jachère. Ce n’est plus la Montespan et ses recettes incantatoires, c’est Madonna, ses heures de sport à outrance, son régime macrobiotique et la main habile de son chirurgien.

Un projet réalisé par Thomas Nicolas Kubrick, Élise Bonaventura Huppert, Thomas Hasky Meisel, et Mélanie Ortolo Ortolo from IFM.

samedi 4 juillet 2009

TRACES



Ou comment le drame éveille la création.

Photos de PIERRE ALAIN GRÉGOIRE, future star de la musique, de la photographie et des traits d'humour. Grand Fan de Chris Esquerre.
http://www.flickr.com/photos/pedrophotographies

dimanche 21 juin 2009

Fête de la musique





Magic Wands>>>>>Black Magic
Major Lazer>>>>>>Mary Jane
Danger Mouse and Sparklehorse>>>>> Dark Night of the soul_Little girl.


vendredi 12 juin 2009

En passant









Lise Sarfati, une autre photographe dont j'aime particulièrement le travail, est connue pour ses clichés d'adolescentes américaines, qui ne vont pas s'en rappeler l'esthétique de Virgin Suicides.

Bonne Journée!
http://www.lisesarfati.com/07contact/contacts.shtml

jeudi 11 juin 2009

J'aime



Pas le temps d'écrire. Alors, voici quelques photos d'une photographe de l'Agence Magnum, que j'aime bien: Alessandra Sanguinetti.

Have a good day!





http://alessandrasanguinetti.com/

mardi 9 juin 2009

À lire d'urgence

Le récit-photo d'Hector Mediavilla sur les Sapeurs de Brazzaville, dans le dernier XXI (dans tous les bons kiosques, une super revue, du vrai journalisme, 15e).

lundi 8 juin 2009

Hope is the thing


Hope is the thing with feathers
That perches in the soul,
And sings the tune without the words,
And never stops at all,

And sweetest in the gale is heard;
And sore must be the storm
That could abash the little bird
That kept so many warm.

I've heard it in the chillest land,
And on the strangest sea;
Yet, never, in extremity,
It asked a crumb of me.

Emily Dickinson

L'objet du délit

Il y a un an, je passai l’après-midi chez Noemi Sunshine, djette et illustratrice, quand je tombai sur un magnifique serre-tête, dont la grosse rose noire, pas du tout de mon âge, me tendait les bras, irrésistiblement.
J’ai une passion immodérée pour tout ce qui peut se mettre dans mes cheveux, et me transformer en œuf de Pâques.
Il fallait donc que j’ai cette chose, au moins pour la soirée qui allait suivre. Je fis les yeux doux à Noémi, et de petits ronronnements de chat (toujours procédé « langage chat » pour convaincre Noémi.) Gagné. J’avais le serre- tête, et en prime, ma tête de kinder surprise. Bref, j’étais contente. Une soirée, une semaine, un mois, douze mois. Je devais lui rendre, mais curieusement, j’oubliais chaque fois que je devais la voir (pas souvent car Noemi est toujours très occupée). L’objet, finalement, s’accommodait à ma chambre. Il s’y sentait bien, s’épanouissant entre une lampe kitchissime et une pile de vieux bouquins. Alors, quand je décidai de vous faire une mise en scène des petites choses que j’avais pu accumuler ces dernières années et qui me tenaient à cœur, je l’y glissai, sans vergogne.
Pas très malin.

Noemi est une lectrice assidue de mon blog.

Je dois lui rendre le beau serre-tête.

Haaaaa, je me suis fait avoir.


dimanche 7 juin 2009

J'adhère



KATE BOSWORTH EN RODARTE
Rodarte Party In LonDon

samedi 6 juin 2009

Nostalgie




Dans une semaine, je déménage. Un grand rangement s'imposait donc. Et c'est dans une boîte que j'ai rangées, toutes les petites choses accumulées depuis des années, et dont je ne peux me séparer.

J'aimerais bien







Avoir une paire de Nicholas Kirkwood (http://www.nicholaskirkwood.com/?id=33&c=uk)

Même si Pierre Hardy a toujours la première place dans mon coeur....

samedi 30 mai 2009

À coeur brisé convient le film de merde.

« Chick lit », c’est le nom que l’on emploie pour désigner les romans écrits par des femmes, et destinés aux femmes, dans les pays anglo-saxons (Bridget Jones, Le Diable s’habille en Prada, Accro du shopping…). Je viens de l’apprendre. Et Dieu soit béni, n’ayant jamais poseé mon cul pour lire ce genre de livre, je ne suis pas assimilable au cerveau d’une poule, du moins en ce qui concerne mes goûts littéraires (pour ce qui est de la finance, de la physique et du reste : à voir). Il faut dire que de Bridget Jones au Diable s’habille en Prada, on ne s’attaque pas à du Simone de Beauvoir. Je suis d’ailleurs un peu outrée de lire que ces romans seraient représentatifs d’une « seconde vague de féminisme ». Certes, l’héroïne prend son destin en main, assume ses erreurs, et se bat dans un monde dur et violent, pour finalement l’emporter contre le mal. Ce qui est, vu sous cet angle, assez séduisant. Je vous l'accorde. Malheureusement, tout cela est à recadrer vivement. « Le monde dur et violent » ne se réfère qu’à Manhattan (pas à l’Irak), et « Mal » ne désigne qu’une une rédac chef hystérique (ouhhhh, j’ai peur), pas une violence conjugale ou un cancer en phase terminale. En outre, le tout est servi dans une prose, on ne peut plus insipide. Or, excusez-moi du peu , mais il semblerait que j’ai une plus haute opinion du féminisme contemporain . Et puis, j’ai beau aimer la mode, me mettre du vernis, et baby lisser mes cheveux : j’attends pas qu’un roman me narre en version dramatique, une partie (je dis bien une partie) de ma vie quotidienne. J’aspire à ce que la littérature élève mon esprit, bien au dessus de mes petits hobbies.
Pourtant, Pourtant, je dois me confesser.
Après une semaine de « passades émotionnelles » (là, je cite quelqu’un), j’acceptai une proposition que j’aurais peut-être refusée en temps normal : « Dis, tu viens, on va voir Accro du shopping » (l’adaptation du roman de Sophie Kinsella, qui porte le même nom). Malgré mon aversion pour la « chick lit », j’ai pas hésité deux secondes. Une bonne merde pour une semaine de merde. Me voilà donc assise, dans l’UGC des Halles, avec un énorme pannini et un brownie bien gras, bien écrasé. Pas de « crises passionnelles » (là, je cite encore quelqu’un) sans une bonne dose de calories. Première séquence : l’héroïne, petite, souffre que sa mère soit obsédée par les économies et qu'elle la contraigne à porter une paire de sandales immondes. Frustrée par ces privations continuelles, elle se vengera sur sa première carte bleue (il y a toujours un grand fond psychanalytique dans ce genre de livre/film).
NOOONNNNN, je ne veux pas m’identifier à ça. Pas le choix, c’est moi. En plus, elle a un mac avec une coque rose, et veut devenir journaliste...de mode. Non, non, non, pas de chick lit, pas de chick movie. Il faut que je déteste. Je dois sortir de là et pouvoir dire « Quelle daube ! ». Trop tard : je ris, je pleure, j’ai le cœur qui trésaille. Je me suis fait avoir, c’est pas possible. C’est de la faute de la cause des « passades émotionnelles », pas de la mienne. J’ai pas le cerveau d’une poule quant à mes goûts cinématographiques, tout de même. Non. À cœur brisé convient le film de merde (nouveau proverbe). Point à la ligne.
Nan, mais soyons rassuré. La passade émotionnelle étant passée, et n’excédant pas une passade émotionnelle par an, je ne risque pas de transformer mon home sweet home, en basse cours. Allez, j’attrape le Deuxième sexe, et je m’y plonge.

Morale: la chick litt et le chick movie ne sont bien que dans tu es dans une passade émotionnelle. Sinon, t'as pas le droit. Ok?




http://www.randomhouse.com/bantamdell/kinsella/index.html
Le magnifique site de Sophie Kinsella avec des tournesols, du parme, du rose, et une gueule de conne.

mercredi 27 mai 2009

Phoenix was great, AFashiongeek is a bad photographer




Phoenix, c'est le groupe que j'écoute quand j'ai du "vague à l'âme". Un petit coup de "Consolation Prizes" ou de "Napoleon Says" et c'est reparti comme en l'an quarante, la fleur au fusil. 
Leur concert chez Régine, hier soir, à l'occasion de la sortie de leur nouvel album (Wolfgang Amadeus), est donc tombé on ne peut plus à pic, en ce début de semaine, morose. Leur énergie scénique m'a redonné du baume au coeur. On a dansé, on a chanté et on a essayé de prendre des photos. Échec presque radical. Difficulté de capter les visages, grande facilité à figer la lumière bleue des projecteurs. Bon, c'est pas très grave. La musique de Phoenix, c'est dans l'âme qu'on la  garde. 
Le mercredi, c'est poésie. 
Citation de la soirée: "Phoenix, j'aime bien. C'est un peu les mini-strokes de la scène française, mini mais cool quand même. " (Thomas D. hobbies: le droit et le rock&roll)




samedi 23 mai 2009

L'AMFAR, j'adhère/J'adhère pas


À prendre en compte:  je déteste, en général, les Galas et autres endimanchements. Trop Tarte à la crème.

J'adhère:
Un joli tissu lamé, une robe longue qui convient à ses rondeurs, Margarita Missoni est au top. Une néo pythie grecque. 


Comme à son habitude, Diane Krueger est en Chanel. La robe est jolie, les volumes maîtrisés. Mais tout cela est à mon goût, un peu trop lisse. C'est toujours  le problème avec Diane. 




J'adhère pas:
La Robe blanche Pucci de Karine Roitfeld est dégueu. Un: J'aime pas le blanc pour les tenues de soirée (un côté immaculé, mal venu). Deux: Vive l'esprit nouveau riche, côte d'Azur. Et cela incarne le style français, à la tête du plus grand mag de mode?? Mon Dieu!
Euh, on se passera de commentaires. Ambiance sirène monstrueuse qui effraie les enfants? Donatella devrait arrêter de créer, et au passage de se faire triturer le facies. 

Isabelle Huppert, plus cool en Vuitton qu'en Armani, Thanks Marc!



Après le drame de la robe Armani (http://afashiongeek.blogspot.com/2009/05/pourquoi-isabelle-portait-elle-du.html), Isabelle a su reprendre les choses en main. On remercie Vuitton et Marc Jacobs qui, inconditionnellement, sait donner du style aux femmes "d'âge mûr". 
Bon, moi j'aime bien la veste de la dernière photo, certains n'aiment pas comme Monsieur Pierre Deroubaix. C'est le jean, la ceinture, et le mini sac qui sont nuls, mais c'est toujours mieux que la robe Armani!

La Cause de A FasHion Geek

http://www.myspace.com/associationferdinand

"Ici, on aime les animaux" la chronique de Laureline (ça faisait longtemps)

 Ton animal de compagnie définit ton niveau de hypitude, au même plan que tes sorties, ta musique, tes fringues, ton quartier. Mais, lecteur,  détrompe-toi tout de suite: je n’ai pas ni carlin ni jack russel (comme Antoine Bernard). Certes, je lis DOGS, le VOGUE des chiens quand on me le prête. Je ne vais pas plus loin.

Et bien que mon idéal animalier ressemble plutôt à ça : 



Je vais te parler de hérisson d’Afrique, Atelerix, nous précise wikipédia. 

Et pas n’importe lequel : Hermann, le mien !

Âgé de seulement quelques semaines, Hermann dort TOUTE la journée. Le soir,  il s’éveille pour manger et faire de la roue. Parce qu’avec ses pates ultra agiles, tous les soirs, comme Minus et Cortex en leur temps, il essaye de conquérir le monde en allant vers l’infini et l' au-delà.

Il entre dans sa roue, cours, cours, le plus vite possible, s’arrête et regarde sur le côté. S'il est toujours au même endroit, il recommence. Et c’est pour ça qu’on l’aime ! 

Sinon, pour les relous des questions : c’est un hérisson d ‘Afrique, pas d’Europe, donc pas en voie d’extinction, il ne porte aucune maladie, ni puce mortelle pour l’homme. Oui, il gardera cette couleur toute sa vie et ne grossira pas beaucoup. Si tu en veux un aussi, il faut se déplacer en Allemagne. Il vit 7 ans, ne mord pas. Et ne pique que quand il a peur. Le reste du temps, il se laisse caresser tout calmement ! 

Je vous laisse avec Hermann. Vous noterez qu’il ne se balade jamais sans ses polaires A Bathing Ape.



Une chronique de Laureline Lévy


Scènes de mode: Lovely Kate Moss!

Venise, Chanel & co (ou comment ne pas être dans le feu de l'actualité)






Dès la fin du XIXe siècle, Venise devient le lieu chéri de l'élite cosmopolite. On aime se retrouver sur le Lido, afin de partager du bon temps, entre activités balnéaires et soirées mondaines. Misia Sert s'y rend pour la première fois en 1897, comme l'indique une lettre datée du 23 octobre qu'elle écrit à son ami, le peintre Vuillard. C'est donc tout naturellement qu'elle y emmène Chanel, vingt ans plus tard. Cette dernière vient de perdre celui qu'elle aimait, Boy Capel.  Il faut lui changer les idées.

 Ce premier voyage en Italie est rythmé par l'accent espagnol du mari de Misia, le peintre José Sert. Il  fait découvrir à la jeune couturière, les trésors artistiques italiens et l'égaye de ses blagues. Sur la Piazza San Marco, ils retrouvent les amis de Misia, dont Diaghilev. 

 Diaghilev, qui sera le triste objet d'un nouveau voyage à Venise, en 1929. Veillé par Serge Lifar et Boris Kochno, il est alors en train de mourir, au grand hôtel des bains. Chanel et Misia les rejoignent. Elles prendront, à leur charge, les funérailles.

            C'est donc tout naturellement que le dernier défilé croisière s'est déroulé sur le Lido, en hommage à la couturière. De nombreuses influences s'entrecroisent dans les plis des tissus et dans les vibrations de couleurs.  Du rouge flamboyant du Titien à la décadence d'un Casanova fellinien, en passant par la beauté fragile d'un jeune adolescent en marinière, filmé  par Visconti dans Mort à Venise: on y retrouve l'Italie, retranscrite avec subtilité. Un Italie qui se mêle harmonieusement aux codes de la maison Chanel : tailleur,  figure de la garçonne, éternelle petite robe noire,  style marin… Karl semble y ajouter enfin quelques notes de la vie même de la couturière : son premier voyage à Venise alors que les robes n’avaient pas encore raccourci, les costumes avant-gardistes qu’elle pouvait imaginer pour les Ballets Russes, sa propre idylle avec Luciano Visconti. On l'imagine facilement défiler, avec Misia, dans certaines de ces tenues. 

« Voir Venise, et mourir ». Certes, mais la voir en Chanel alors.


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